Présentation de l’UNPC

HISTORIQUE DE L’UNION NATIONALE DE LA PRESSE DU CONGO (UNPC)

Introduction

L’Union Nationale de la Presse du Congo trouve ses origines dans les premières organisations professionnelles des journalistes créées avant l’indépendance de la République démocratique du Congo. Son histoire est intimement liée à l’évolution politique, institutionnelle et médiatique du pays ainsi qu’au combat permanent des journalistes congolais pour la liberté de la presse, l’organisation de la profession et la défense de leur dignité professionnelle.

L’actuelle UNPC est l’héritière de plusieurs générations de journalistes qui ont œuvré pour doter la profession d’un cadre légal, déontologique et institutionnel capable de garantir l’autorégulation de la presse congolaise.

Les premières organisations professionnelles de la presse congolaise

À l’accession du Congo à l’indépendance, le 30 juin 1960, la presse congolaise était déjà structurée autour de deux organisations reconnues par l’administration coloniale belge :

  • l’Association des Éditeurs de Journaux et Périodiques (AEJP) ;
  • l’Association des Journalistes Professionnels (AJP).

En mars 1960, l’AJP organise une Assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle Gabriel Makosso est élu président. À cette occasion, les journalistes décident de ne pas admettre dans l’association les journalistes travaillant pour les médias publics, considérant qu’ils étaient au service du Gouvernement et ne bénéficiaient pas d’une indépendance suffisante dans le traitement de l’information.

Cette orientation était largement inspirée des principes défendus par la Fédération Internationale des Journalistes, attachée à l’indépendance professionnelle des journalistes.

Les Congrès des années 1970 et la quête d’un statut professionnel

Durant les années 1970, plusieurs congrès furent organisés afin de structurer davantage la profession journalistique.

Le Congrès tenu à Lubumbashi en juillet 1971 se clôture sans résultats majeurs. Cependant, celui organisé à Kisangani du 25 au 27 juillet 1973 marque une étape importante. Les participants y élaborent deux projets fondamentaux :

  • un projet de convention collective ;
  • un projet de statut du journaliste.

Ces initiatives visaient à améliorer les conditions sociales des journalistes et à établir une séparation claire entre les éditeurs de presse et les travailleurs des médias.

Malheureusement, ces projets ne furent pas concrétisés, laissant les journalistes dans une situation sociale précaire et accentuant le découragement au sein de la corporation.

Le Congrès de refondation de N’Sele et la naissance de l’UPZa

En 1979, Sakombi Inongo met en place un Comité préparatoire chargé d’organiser un congrès de refondation de la presse congolaise.

Ce comité élabore plusieurs textes majeurs :

  • un projet de loi sur la liberté de la presse ;
  • un projet de statut du journaliste ;
  • des projets d’ordonnances transformant certains services publics de communication en entreprises publiques autonomes.

Ces textes sont soumis au Congrès organisé à la Cité de la N’Sele du 20 au 22 juillet 1980. Le Congrès adopte les projets et élit Kande Dzambulate à la tête de l’organisation.

Les textes adoptés seront finalement promulgués le 2 avril 1981 par Mobutu Sese Seko sous forme d’ordonnances-lois, notamment l’Ordonnance-loi n°81/012 portant statut du journaliste.

Cette réforme constitue un tournant historique pour la presse congolaise. Elle permet à l’Union de la Presse du Zaïre (UPZa) de disposer d’une véritable base juridique et lui confère notamment le pouvoir de délivrer la carte de presse et de reconnaître officiellement la qualité de journaliste professionnel.

La libéralisation progressive de la presse

L’adoption de l’Ordonnance-loi de 1981 favorise progressivement l’émergence d’une presse plus diversifiée.

Plusieurs journaux voient le jour, parmi lesquels :

  • LA PRESENCE CONGOLAISE de Joseph Mbungu Nkandamana ;
  • UMOJA de Léon Moukanda Lunyama ;
  • LA CONSCIENCE de Mwissa Monga Lihomba ;
  • KYA de Sassa Kasa Yi Kiboba.

Par la suite naît également l’Association des Éditeurs des Journaux du Zaïre (AEJZ), dirigée notamment par Essolomwa Nkoy Ea Linganga et Polydor-Fortunat Muboyayi Mubanga.

C’est en mémoire de cette avancée historique que la corporation journalistique consacre la date du 22 juillet comme Journée Nationale de la Presse.

Les crises des années 1990

À partir de la démocratisation engagée le 24 avril 1990 par Mobutu Sese Seko, le paysage médiatique connaît une expansion rapide mais également un profond désordre.

La multiplication des organes de presse, l’absence de moyens financiers et les violations répétées de l’éthique et de la déontologie fragilisent considérablement l’UPZa.

L’organisation connaît alors une période de crise institutionnelle et de faiblesse structurelle.

La refondation de 2004 et la naissance de l’UNPC moderne

Face à cette situation, plusieurs partenaires internationaux de défense de la liberté de la presse, notamment :

  • Institut Panos Paris ;
  • DFID ;
  • GRET ;
  • NIZA,

ainsi que le Gouvernement congolais à travers Vital Kamerhe, soutiennent en 2003 un vaste processus de réforme de la profession.

Ce processus aboutit au Congrès de refondation organisé du 1er au 5 mars 2004 au Centre Nganda à Kinshasa avec 271 participants.

Ce Congrès marque la naissance de l’UNPC moderne. Plusieurs réformes majeures y sont adoptées :

  • de nouveaux Statuts ;
  • un nouveau Règlement intérieur ;
  • un Code de déontologie ;
  • l’Acte d’engagement du journaliste congolais ;
  • la création des trois grandes commissions techniques ;
  • la création de l’Observatoire des Médias Congolais (OMEC).

Le Congrès élit Kabeya Pindi Pasi à la présidence de l’UNPC et Kasonga Tshilunde au poste de Secrétaire général.

Le développement institutionnel de l’UNPC

À partir de 2004, l’UNPC bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires internationaux et nationaux, notamment :

  • Organisation internationale de la Francophonie ;
  • Commission Électorale Indépendante ;
  • le Gouvernement congolais ;
  • plusieurs organisations de coopération internationale.

Ces appuis permettent :

  • la formation des journalistes ;
  • l’installation des sections provinciales ;
  • la production des cartes de presse ;
  • le renforcement institutionnel de l’Union ;
  • la couverture médiatique des processus électoraux.

Les évolutions récentes de la corporation

En 2007, le président Kabeya Pindi Pasi est radié de la profession par la Commission de Discipline et d’Éthique professionnelle. Il est remplacé conformément aux Statuts par la vice-présidente Chantal Kanyimbo Manyonga.

En 2008, le 7ème Congrès élit officiellement Chantal Kanyimbo Manyonga à la présidence de l’Union.

En 2014, le 8ème Congrès organisé au Centre Caritas/Congo porte Kasonga Tshilunde à la tête de la corporation.

En octobre 2020, le 9ème Congrès tenu à Muanda reconduit Kasonga Tshilunde pour un second mandat. À cette occasion, Jasbey Zegbia Wembulu est élu Secrétaire général de l’UNPC aux côtés de :

  • Gaby Kuba Bekanga, Premier vice-président ;
  • Modeste Shabani ;
  • Béatrice Nyamulenda Mwansa, Secrétaire générale adjointe ;
  • Sylvie Bongo Landu, Trésorière générale ;
  • Damas Esole Kesole, Trésorier général adjoint ;
  • Pierre Sosthène Kambidi et Mundia Kima, Conseillers.

Après le décès de Kasonga Tshilunde quelques semaines plus tard, la présidence de l’Union est assumée par Gaby Kuba Bekanga conformément aux dispositions statutaires.

Les réformes institutionnelles de 2022 à 2024

En novembre 2022, Gaby Kuba Bekanga est nommé au cabinet du Directeur Général du Fonds de Promotion de l’Industrie. Cette nouvelle étape institutionnelle coïncide avec une importante dynamique de modernisation interne de l’UNPC.

À la même période, le deuxième vice-président Modeste Shabani quitte la province du Maniema pour s’installer à Kinshasa afin de participer activement à la réforme administrative et institutionnelle de l’Union, du fait de l’indisponibilité du 1er vice-président Gaby Kuba.

Aux côtés du Secrétaire général Jasbey Zegbia Wembulu, ils engagent un vaste processus de révision et d’harmonisation des textes normatifs de l’UNPC.

Cette réforme aboutit notamment :

  • à la modernisation des Statuts et du Règlement intérieur ;
  • à la réorganisation administrative de l’Union ;
  • ainsi qu’à l’élaboration, pour la première fois depuis la création de l’UNPC, d’un Manuel des procédures administratives et financières.

Cette innovation majeure est le résultat de plusieurs ateliers organisés avec la participation des principales organisations professionnelles des médias, notamment :

  • FRPC ;
  • ANECO ;
  • ANEAP ;
  • UCOFEM ;
  • MILRDC.

Le Congrès de la Renaissance de 2024

Au deuxième semestre de l’année 2024, conformément à la recommandation n°72 des États généraux de la Communication et des Médias, l’UNPC obtient du Gouvernement congolais le financement nécessaire à l’organisation de son 10ème Congrès.

Ce congrès, organisé sous le thème du « Congrès de la Renaissance », marque une nouvelle étape dans la restructuration de la corporation journalistique congolaise. Elle réunit plus de 200 journalistes venus des quatre coins de la RDC.

À l’issue des travaux, Kamanda wa Kamanda Muzembe est élu Président de l’UNPC, et Jasbey Zegbia reconduit au poste de Secrétaire Général.

L’équipe dirigeante actuelle de l’Union est composée de :

  • Président : Kamanda wa Kamanda Muzembe ;
  • Premier Vice-président : Cyrille Kileba Pok A Mes ;
  • Deuxième Vice-présidente : Marianne Mujing Yav Muland ;
  • Secrétaire Général : Jasbey Zegbia Wembulu ;
  • Secrétaire Général adjoint : Ernest Mukuli Kasongo ;
  • Trésorière Générale : Rachel Kitsita Ndongo ;
  • Trésorier Général adjoint : Peter Gbiako ;
  • Conseillère : Sergine Gino Rehema ;
  • Conseiller : Jean Marcel Kabengela.

L’UNPC aujourd’hui

Aujourd’hui, l’Union Nationale de la Presse du Congo demeure l’autorité d’autorégulation de la profession journalistique Et conformément à l’ordonnance-loi N°023-009 du 13 mars 2023, elle est l’Instance d’autorégulation des journalistes et autres professionnels des médias, ainsi que de toutes les organisations professionnelles en République démocratique du Congo.

Elle constitue, aux côtés :

  • du Ministère de la Communication et Médias comme autorité de réglementation ;
  • et du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication comme autorité de régulation,

le troisième pilier institutionnel de gouvernance du secteur des médias en RDC.

L’UNPC demeure ainsi le cadre fédérateur de l’ensemble des journalistes et professionnels des médias du pays, ainsi que des organisations professionnelles, chargé notamment : ainsi que de la promotion du professionnalisme dans les médias congolais.